| C’était
une soirée de jour de semaine calme et silencieuse dehors
mais à l’intérieur, il y avait le feu sur
la scène du magasin Pawn à Miami.
En
martelant l'air, le rappeur Residente s’est déchaîné
sur scène, le centre chauffé à blanc d'un
tourbillon de rythmes et des rimes, paraissait prêt à
mâcher le micro et cracher des rat-tat-tat d'exhortations
et de calembours, des mots et des idées qui ricochaient
l'un sur l'autre trop vite pour pouvoir suivre.
Derrière les claviers, Visitante petit, barbu a présidé
un chaudron musical… Trois percussionnistes brûlants,
une guitare basse profondément funky, un saxophone gémissant,
une fille au visage bonbon chantant des mélodies incantatoires,
l’ébullition des rythmes… tous ces ingrédients
ont donné naissance à un groove contagieux.
La foule de l’industrie musicale, des gens las qui d’habitude
sont absorbés par des cocktails politico-politiciens,
acclamait et chantait avec eux. "Atrevete"! Residente
hurlait, dans l'hymne du Calle 13 pour le rendre vrai et pour
danser.
``I dare you! Get hyper! You're on fire!''
Difficile
de dire lesquels des têtes ou des hanches bougeaient le
plus vite.
Si
vous avez dû répertorié la musique du Calle
13, vous l'appelleriez Reggaeton. Mais le nouveau groupe émergeant
le plus chaud venant du genre portoricain, qui explose de part
et d’autres des Latinos et des Anglos, est le plus radical
des Reggaeton’s.
Mené
par deux demi-frères, rappeur/poète lyrique/showman
Rene "Residente" Perez et Eduardo compositeur/leader
"Visitante" Martinez, Calle 13 pousse les frontières
du Reggaeton à englober un jeu différent de musique
et d’idées.
Selon
Raymond Delgado, un producteur Reggaeton au concert du magasin
Pawn, « Ils sont différents ». « Le Reggaeton
a toujours le même battement et le même style. Ils
sont une évolution artistique. »
Ou
peut-être une Révolution... C'est une fusion de Reggaeton,
de funk, de hip-hop, de reggae, de salsa, de jazz, de Brésilien
et plus. Leurs lyriques sont pleins d'ironie, de jeu de mots,
de politique culturelle aussi bien que de sexe. Calle 13 est une
secousse électrique à un genre qui, pour tout son
succès explosif, traîne déjà avec des
boom-chi mécaniques et des chœurs de booty-mami.
Même s’il y a des ruptures avec le noyau dur du barrio
cliché(Ils sont blancs, classe moyenne, avec une éducation
d’école d’art). Les demi-frères n'ont
pas commencé Calle 13 parce qu'ils ont voulu être
des stars, mais parce qu'ils avaient quelque chose à dire
et le Reggaeton a semblé être la meilleure façon
de le dire. "J'ai pensé qu'il pourrait transmettre
un message compliqué avec des termes que les gens comprendraient,"
a déclaré Residente dans le bureaux de Sony BMG
plus tôt dans le mois.
Au
lieu d’avoir des Chaînes en or ou des médailles
en diamants, il a des tatouages : de l’art sur un bras (dessins
d’un primitiviste urbain Jean-Michel Basquiat, Matisse et
un artiste Portoricain Rabindranat Diaz) et sur l’autre
un dessin de sa mère et les noms de ses enfants.
"J'ai
aimé certaines choses du Reggaeton, par exemple qu’il
vienne de Porto Rico," affirme Residente. "Mais je n'ai
pas aimé les lyriques. Certains sont bien, mais beaucoup
d'entre eux sont vides. Mais un aspect que j'aime c’est
que c'est de la poésie de rue, que ce n'est pas parfait
et qu’il a été quand même accepté
par chacun."
La
poésie de Calle 13 a frappé fort à Porto
Rico. Leur album de début, sorti parmi le bourdonnement
souterrain en Novembre dernier, a déjà été
vendu à plus de 100,000 copies dans l'île. Ils ont
eu deux hits radio Portoricains, ‘se vale to-to’(cela
vaut tout), une ode de non-sens au corps de la femme et ‘Atrevete
te, te! (osez ! ! !) qui recommande vivement une fille de laisser
tomber ses prétentions de pseudo-amour et s’unir
à ses racines et à son cran via le Reggaeton.
Jose
Tillan, le vice-président de talent et des relations d'artiste
pour MTV Amérique Latine, les a comparés à
Public Enemy, dont les chansons politiquement franches et la production
aiguë les ont projeté à un succès tant
commercial qu’artistique à la fin des années
1980. "Vous ne devez pas être de mauvais goût
pour être des mauvais g ……," a dit Tillan.
"Il y a de la place pour tout le monde. A Tribe Called Quest
était différent de NWA, mais tous deux étaient
urbains. "
"Il y a de la profondeur [dans Calle 13]. Peut-être
ce n'est pas un produit de base de club comme le mégahit
à succès de Daddy Yankee Gasolina. Ce n'est pas
basé sur une chanson, mais sur le concept et sur l'artiste.
C'est musical et nous en avons besoin de plus."
La rue est la source du nom de Calle 13. Elle est loin des allées
de crime que la plupart des reggaetoneros revendiquent comme leur
maison réelle et artistique.
Visitante,
dont le père est le beau-père de Residente, visitait
régulièrement ce qui est devenu sa famille de substitution
et son frère dans la 13ème Rue du Conquistador,
un ensemble immobilier à San Juan des faubourgs.
Les
deux ont 27 ans. Residente a étudié dans une école
d’art à Porto Rico et en Géorgie, et créait
des chansons, des poèmes et des vidéos. Visitante,
quant a lui, a étudié au conservatoire de musique
de Porto Rico et jouait dans un groupe Afro-caraïbe. Ils
ont créé leur album d’art et ont dirigé
les grands concepts de leurs vidéos ( Celui pour ‘Atrevete
te,te’ montre une ligne de chœurs de petits sosies
dans des perruques de platine et d’un assortiment étrange
de personnages dansant d'une manière extravagante.
Ils
ne font pas d’excuse pour être ce qu’ils sont.
Residente
dit « La classe moyenne à Porto Rico est un bordel
semblable à celle des classes ouvrières. Tout le
monde vit pour travailler, c’est tout ! »
Il
ajoute « Cela a été difficile au début
pour nous faire accepter par les autres artistes Reggaeton, nous
paraissions différents, nous n’avions pas de bijoux
ou de dentiers dorés. Mais au moment où ils ont
commencé à écouter les chansons, ils ont
aimé ! », « Nous parlions comme eux, utilisions
le même argot. Mais nous avons différentes idées
»
Il
dit que ces idées leur donnent une différente sorte
de crédibilité que la fascination du gangster ou
d’héroïsme. « Nous sommes vrais »,dit-il.
« Ces artistes parlent toujours de meurtre. Je sais que
c'est réel parfois. Mais parfois c’est juste parce
qu'ils veulent être le plus grand m…..f…….
du monde."
Les
chansons du Calle 13, toutes en espagnol, sont souvent comme des
monologues sombres, comiques, avec Residente parlant à
lui-même ou des personnages imaginaires, donnant un sévère
vertige avec des jeu de mots, d'argot Portoricain, de rimes, de
références politiques et culturelles qui envoient
la signification d'une ligne simple emportée avec folie
d’une fin à une autre.
Dans
Pi-di-di-di il raille brutalement le célèbre producteur
de hip-hop Diddy, qui a lancé un label latino l'année
dernière, comme un profiteur ignorant de la culture Portoricaine.
Il
y a l'abondance de sexe et d'insinuation, mais c'est espiègle
et sarcastique, plutôt que lorgnant et brutal. "Laisse-moi
sucer ton nombril – Je te ferai parler chinois," chante-t-il
dans ‘Se vale to-to’. La musique de Visitante incorpore
tout… du funk à la cumbia, la nouvelle vague des
bandes sonores de dessin animé, ajoutant la signification
et l'ironie à la mélodie et au rythme.
Ils
se sont aventurés dans la politique manifeste avec le ‘Dear
FBI’, qui attaque l'agence pour le meurtre controversé
de l’Activiste d'indépendance Portoricain Filiberto
Ojeda Rios l'automne dernier et le ‘Balas Locas’ (
Balles Folles), décrit la tradition Portoricaine souvent
mortelle de tirer en l’air avec des armes à feu le
jour de la Saint-Sylvestre.
«
C'était un mélange de tous ces stéréotypes,
mais au fond il avait ce point de vue ironique, » dit Mayra
Montero, une romancière et journaliste Portoricaine bien
connue, sur la première fois qu'elle a entendu le groupe.
« Ils donnent une autre orientation au Reggaeton. Pour moi,
Residente est un adulte. Il fait valoir le Reggaeton, il se fait
valoir en tant que Portoricain »
À
l'origine, les demi-frères ont pensé à Calle
13 comme un petit projet de site Web. Mais en janvier dernier
ils ont apporté un paquet de chansons à White Lion,
le label indépendant influent qui a lancé la star
du Reggaeton Tego Calderon.
Le
président de White Lion, Elias Leon, a appelé Residente
à 2h00 la même nuit. « Je lui ai dit, d’où
êtes-vous venus? » Leon dit. « Ayant travaillé
avec quelqu'un comme Tego, je savais que c'était quelque
chose qui pourrait donner de la crédibilité au genre.
C’est toujours la même chose, toujours.. 'Ay Mami
Mami ' Le genre doit se développer ».
La
différence n'est pas toujours couronnée de succès
en musique pop. Il est toujours peu clair si Calle 13 sera apprécié
à l'extérieur de leur gazon domestique par des spectateurs
peu familiers des références d'initiés Portoricains
ou par des habitués de musique qui traite plus de hanches
que de têtes.
Leur
succès a jusqu'ici étonné la paire. Mais
Residente dit qu'il ne se soucie pas de la grandeur de leur audience,
« tant qu'ils écoutent. » , « Je veux
juste communiquer mes idées, » dit-il. « C'est
très important pour moi que le peuple comprenne ce que
je dis. »
BY
JORDAN LEVIN
jlevin@MiamiHerald.com
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